jeudi 11 septembre 2014

Trois albums coup de cœur autant de promenades différentes en forêt : une aventure aux accents de parabole écologique aux couleurs tendres, un réveil dans un bois merveilleux, une sarabande de filles tout droit sorties d'une étonnante forêt de contes...




                   Le grand voyage

Bill Peet   Adaptation française d’Emmanuelle Pingault, Milan

Ils sont 16 à mener une vie tranquille dans la clairière aux abords de la ville : lapins,

grenouilles, opossums, une mouffette, un crapaud et, le plus sage d’entre eux, le raton laveur.

Jusqu’au jour où les immenses engins d’un chantier viennent troubler leur quiétude. La

clairière détruite, il ne reste d’autres alternatives que partir à la recherche d’un nouveau havre

de paix. Les petits animaux sauvages s’improvisent voyageurs clandestins sur le toit d’un

train lancé à toute vitesse vers l’inconnu. Sous leurs yeux défilent des paysages boisés pleins

de promesses. Mais impossible de sauter du train en marche. La petite compagnie parviendra-
t-elle à une nouvelle terre ?

Réédition d’un album vieux d’un demi siècle, cette histoire est pleine de fraîcheur. Les

illustrations aux crayons l’accompagnent avec délicatesse, conférant aux animaux des moues

particulièrement expressives.



                                 Un jour moineau

 Anne Herbauts    Casterman, 

Il y a des jours comme ça, dans la forêt où Matin vit. Des jours où les arbres chantent un bruit

de mer. Des jours où une géante s’effondre de toute sa taille devant la porte de la maison

de Matin. Pour la réveiller, rien de mieux qu’un gâteau, préparé avec soin, gourmandise et

amour. Tous les sens frétillent pendant qu’on écoute s’égrainer la recette merveilleuse, qu’on

contemple les natures mortes composées sur la table de Matin, qu’on hume le délicieux

parfum sucré, qu’on ressent la chaleur du four, qu’on écoute le chant d’un oiseau. Doucement,

la géante se réveille, se déleste du poids qui l’avait rapprochée de la terre, sourit et s’envole.

Ce jour moineau s’écoule dans un temps lent et dense, comme la matière des peintures

d’Anne Herbauts, pleines de lumière et de poésie.



            Que font les petits garçons aujourd’hui ?

Nikolaus Heidelbach  Traduit de l’allemand par Marc Porée, Les Grandes Personnes, 

Après s’être penché sur les activités des garçons, Nikolaus Heidelbach se tourne vers les

occupations des filles. Voici donc une revue de A à Z de gamines étonnantes, à la fois proches

des personnages de contes et de la fantaisie quotidienne d’enfants biens réels. On y croise

celles qui rêvent de robes de mariée en patchworks bariolés et celles qui se voient devenir

artistes, des magiciennes et des acrobates, des bagarreuses et des danseuses. Aucune n’a le

visage d’une gentille poupée, leurs garde-robes ne font pas mannequin. Elles ne craignent

pas de se salir les mains au bac à sable, ni de soulever leur jupe devant un miroir pour savoir

ce qui se cache entre leur cuisses rondelettes. Elles font les pitres pour épater le facteur,

surprendre les parents, se venger de leur grande sœur ou de leur grand frère, bref, pour

amuser la galerie. Elles passent de la tendresse à la cruauté en l’espace d’un saut de page,

sans concessions pour la prétendue innocence enfantine. Heidelbach ne s’embarrasse pas de

stéréotypes. Dans son style très personnel il dresse une galerie de filles stupéfiantes, hautes en

couleurs et aux caractères bien trempés.





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